Category Archives: Vie quotidienne

Le village de Kolia prépare la Saint Pierre Chanel : première journée

Retour au four à bananes

Retour au four à bananes

On met dans un bol

On met dans un bol

Puis dans des feuilles de bananier

Puis dans des feuilles de bananier

Enveloppés ainsi, ils seront prêts à offrir, avec des bananes, à la famille et aux amis

Enveloppés ainsi, ils seront prêts à offrir, avec des bananes, à la famille et aux amis

Dégustation immédiate, c'est tout chaud, de la soeur d'Ana et de sa famille

Dégustation immédiate, c’est tout chaud, de la soeur d’Ana et de sa famille

Ana me présente un autre mets, préparé la veille : le fakaafulu. Ce sont les mêmes ingrédients, mais il est cuit dans le four

Ana me présente un autre mets, préparé la veille : le fakaafulu. Ce sont les mêmes ingrédients, mais il est cuit dans le four

Le voilà de plus près, c'est lisse et compact : lait de coco et amidon.

Le voilà de plus près, c’est lisse et compact : lait de coco et amidon.

En tant qu'amie, voici mon panier, bananes, sua, et fakaafulu.

En tant qu’amie, voici mon panier, bananes, sua, et fakaafulu.

Les petits cochons sont cuits, l'un sera offert à la famille plus lointaine

Les petits cochons sont cuits, l’un sera offert à la famille plus lointaine

Avec des taros bien sûr

Avec des taros bien sûr

L'autre se partage tout de suite.

L’autre se partage tout de suite.

Arrivée du sua

Arrivée du sua

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On ouvre le four

On ouvre le four

Sous les feuilles de bananier, du bois pour isoler

Sous les feuilles de bananier, du bois pour isoler

Et encore des feuilles

Et encore des feuilles

Premier régime de bananes

Premier régime de bananes

On continue à les sortir, le père d'Ana, son oncle et Ana

On continue à les sortir, le père d’Ana, son oncle et Ana

Tout ou presque est sorti, l'oncle d'Ana prend les dernières bananes dans le trou

Tout ou presque est sorti, l’oncle d’Ana prend les dernières bananes dans le trou

La Saint Pierre Chanel, c’est le 28 avril. On célèbre le premier saint du Pacifique, saint et martyr à Futuna. Les deux villages qui organisent les festivités, ce sont Poï, où se trouve le sanctuaire, et Kolia qui est sur la même bande de terre futunienne. Il faut se rappeler que Futuna est divisée en bandes qui traversent l’île dans sa largeur et qui correspondent à de mêmes familles, des villages frères.

Donc pour la Saint Pierre Chanel, les villages de Kolia et Poï alternent, l’un prépare le petit déjeuner, et le kava, et le Katoaga, l’autre anime la messe. Cette année, c’était le tour du  village de Kolia, le village d’Ana pour le la nourriture.

Ce n’est pas une mince affaire, car il s’agit de nourrir toute l’île ce jour-là. Le festin du petit déjeuner est un repas complet, avec salades, cochons, poulets, crabes de cocotier, et du gâteau en dessert.

C'est bientôt la dégustation, et c'est une tâche bien accomplie

C’est bientôt la dégustation, et c’est une tâche bien accomplie

La famille qui vit dans l’île va venir aider aux préparations, qui prennent deux jours, et la veille, le 27, il y a un premier repas, avec des mets spéciaux. Deux fours sont mis en place, l’un derrière la maison sert à faire mûrir les régimes de bananes, qui sont mis à chauffer dans un trou recouvert de feuilles de bananier et de sable. Le deuxième four, est le four à umu traditionnel, où l’on cuit sur un fond de pierres brûlantes le cochon, les taros et le poisson dans des feuilles de bananier. Là aussi, le tout est recouvert de feuilles, puis de sable.

La maman d'Ana enlève le sable qui recouvre le trou aux régimes de bananes

La maman d’Ana enlève le sable qui recouvre le trou aux régimes de bananes

Je suis arrivée la veille, à 8 heures et demie, les cochons et les t

Juste à côté, du poulet pour le repas de la journée, l'essentiel du repas de famille sera le sua, et d'autres mets de fête

Juste à côté, du poulet pour le repas de la journée, l’essentiel du repas de famille sera le sua, et d’autres mets de fête

Le four familial est près de la rivière, abrité sous un toit de tôle. Il pleut souvent à Futuna.

Le four familial est près de la rivière, abrité sous un toit de tôle. Il pleut souvent à Futuna. On peut voir les coques de coco qui servent au feu

Les cochons du jour sont déjà cuits. Ils seront offerts à la famille et aux amis

Les cochons du jour sont déjà cuits. Ils seront offerts à la famille et aux amis

Les taros aussi sont cuits, on les mange un peu comme du pain

Les taros aussi sont cuits, on les mange un peu comme du pain

Les pierres sont encore bien chaudes, prêtes pour le sua

Les pierres sont encore bien chaudes, prêtes pour le sua

Les instruments de travail, et les traces du travail

Les instruments de travail, et les traces du travail

Dans la rivière, Meesi nettoie un petit cochon qui ira dans un four voisin

Dans la rivière, Meesi nettoie un petit cochon qui ira dans un four voisin

Pour le sua , l'amidon est d'abord mélangé à l'eau

Pour le sua , l’amidon est d’abord mélangé à l’eau

Mélange homogène

Mélange homogène

Le coco a été rapé

Le coco a été rapé

Le père d'Ana met le rapé de coco dans un foulard

Le père d’Ana met le rapé de coco dans un foulard

Il en presse le jus : c'est du lait de coco

Il en presse le jus : c’est du lait de coco

Pendant ce temps, on met des pierres chaudes dans l'amidon

Pendant ce temps, on met des pierres chaudes dans l’amidon

Et on les tourne avec des bâtons

Et on les tourne avec des bâtons

On ajoute le lait de coco

On ajoute le lait de coco

On fait "revenir" les pierres

On fait « revenir » les pierres

Puis on le retire

Puis on les retire, c’est prêt

aros étaient déjà cuits et les hommes préparaient le sua qui se fait avec de l’amidon mélangé à de l’eau, dans lequel on verse du lait de coco, et l’on jette des pierres brûlantes, tout en remuant avec des bâtons. Puis on enlève les pierres et l’on a obtenu une pâte un peu collante, qui se consomme chaude avec des bananes, en les trempant dans du lait de coco.

Ensuite, nous sommes parties, Ana et moi distribuer des mets et des bananes à des amis qui habitent en dehors du village de Kolia.

Quand nous sommes revenues, les deux petits cochons étaient grillés, les taros aussi, et c’était l’heure du repas, 10 heures. Mais aussi c’était la fin de la première journée de préparation, celle pour la famille.

Découpe du petit cochon

Découpe du petit cochon

Ma part du festin. Comme chacun le fait à Futuna, j'emporterai ce que je ne mange pas tout de suite.

Ma part du festin. Comme chacun le fait à Futuna, j’emporterai ce que je ne mange pas tout de suite.

La petite soeur d'Ana fait des paquets pour emporter aussi.

La petite soeur d’Ana fait des paquets pour emporter aussi.

C'est enfin l'heure du repos - jusqu'à minuit

C’est enfin l’heure du repos pour Ana – jusqu’à minuit

Pour le père d'Ana, repos aussi, cette nuit, il tuera le gros cochon pour le katoaga

Pour le père d’Ana, repos aussi, cette nuit, il tuera le gros cochon pour le katoaga

La maman d'Ana, enfin au repos

La maman d’Ana, enfin au repos

La petite cousine, Mona Flores

La petite cousine, Mona Flores

Portrait d'Ana Malia, fatiguée, mais satisfaite du travail accompli.

Portrait d’Ana Malia, fatiguée, mais satisfaite du travail accompli.

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Futuna, face nord

A Futuna, il y a la face nord, et la face sud. Presque tout le monde vit sur la face sud, et pour cause. Lors des cyclones, c’est toujours le nord qui subit les pires outrages. Lors du cyclone Tomas, en 2010, des bâtiments ont été emportés, la route a été en partie détruite. Elle n’est toujours pas refaite. Quand on descend sur Poï, le premier village où se trouve Saint Pierre Chanel, la route cimentée devient un chemin, jusqu’au lieu-dit les Pyramides, un piton rocheux dans la mer, où l’on voit les vestiges de l’ancienne route, qui n’est plus praticable par aucun véhicule.

Cela fait quatre ans maintenant, mais les quelques kilomètres de route détruite restent les témoins du cyclone, comme les plaques de ciment dispersées sur la plage.

En mai, je suis allée deux fois « de l’autre côté ». La première un matin avec l’association jusqu’à la grotte aux hirondelles, côté est, et un soir, avec Henri côté ouest. P1140693 P1140694

A l'est, en chemin vers la grotte aux hirondelles. Plein soleil

A l’est, en chemin vers la grotte aux hirondelles. Plein soleil

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La grotte en contre plongée, rapprochée, avec nids d'hirondelles, mais sans les hirondelles qui volent bien trop vite.

La grotte en contre plongée, rapprochée, avec nids d’hirondelles, mais sans les hirondelles qui volent bien trop vite.

Un Futunien passe avec les taros dans son baluchon.

Un Futunien passe avec les taros dans son baluchon.

Remontée par un chemin, quelque part dans la végétaion

Remontée par un chemin, quelque part dans la végétation

Retour à Poï, soleil de midi

Retour à Poï, soleil de midi

A l'ouest, le soir, on se rapproche de Saint Pierre Chanel

A l’ouest, le soir, on se rapproche de Saint Pierre Chanel

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A l'ouest le soir, on se rapproche de Saint Pierre Chanel

A l’ouest le soir, on se rapproche de Saint Pierre Chanel

Un fale qui a résisté au cyclone Tomas

Un fale qui a résisté au cyclone Tomas

Saint Pierre Chanel vu de l'ouest

Saint Pierre Chanel vu de l’ouest

Un peu de forêt primaire

Un peu de forêt primaire

A l'ouest de Poï, le soir descend. Presque plus de fales. Au loin les pyramides

A l’ouest de Poï, le soir descend. Presque plus de fales. Au loin les pyramides

Bris de route

Bris de route

Un dernier regard vers l'est

Un dernier regard vers l’est

Sur l'ancienne route, Henri

Sur l’ancienne route, Henri

Ici, si l'on veut passer, il faut monter sur le muret à droite.

Ici, si l’on veut passer, il faut monter sur le muret à droite.

J'y suis

J’y suis

Retour à Saint Pierre Chanel et c'est la nuit

Retour à Saint Pierre Chanel et c’est la nuit

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Retour à Saint Pierre Chanel, et c'est la nuit

La statue de Saint Pierre Chanel veille

 

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Le wharf

Le wharf

 

Je n’avais encore jamais passé du temps au wharf, qui est un ponton en planches, certaines en très mauvais état, mais qui est notre unique lien marchandise avec le reste du monde. L’année dernière il y avait une étude pour le reconstruire en ciment, mais comme toujours à Futuna, il faut donner du temps au temps.

Le 15 février, j’ai assisté au déchargement des containers. Certains sont transportés directement par un engin jusqu’au magasin le plus proche. D’autres restent sur le quai pour être vidés par les différents destinataires. Sur le quai, il y a les douaniers aussi, qui surveillent. Mais si on a quelque chose dans un container, on doit surveiller aussi. Une fois à quai, ils ne sont pas fermés, et on doit être vigilant pour retrouver ses marchandises. Certains apportent leur cadenas, mais si il y a plusieurs destinataires avec chacun son cadenas, c’est tout un patacaisse pour pouvoir ouvrir enfin le container en présence de tous.

A quai

A quai

Déchargement

Déchargement

On soulève les containers

On soulève les containers

Et ils partent vers les commerces, celui-ci, directement sur la route

Et ils partent vers les commerces, celui-ci, directement sur la route

Déchargement encore

Déchargement encore

No comment

On est là, dans le Pacifique

On se sent tout petit

Futuna, grand port

Les engins partent directement

Les engins partent directement

Sur les routes de Futuna

Sur les routes de Futuna

Et puis le bateau s'en va

Et puis le bateau s’en va

Plus loin

Plus loin

Et c'est le soir

Et c’est le soir

Autre jour, autre soir, le bateau de pêche

Autre jour, autre soir, le bateau de pêche

Beaucoup plus petit

Beaucoup plus petit

Et du poisson à vendre

Et du poisson à vendre

Un quai un peu plus vide

Un quai un peu plus vide

Des marins sympatiques

Des marins sympahiques

Et souriants

Et souriants

 

 

Une semaine ou deux plus tard c’est un bateau de pêche qui stationnait au wharf, et qui vendait du poisson. La mer était agitée, sur le pont, des régimes de banane, une ardoise en français qui annonçait les prix. Les marins parlaient anglais, un peu de français, samoan ou fidjien on se serait cette fois cru à l’époque de Stevenson, sur ce wharf  battu par le vent et la pluie

 

 

 

 

 

 

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Déménager

 

Le jour se lève à Futuna, jour de nuages, c’est la saison, l’ombre noire du gros manguier est devant moi, les nuages voyagent direction est. Le jour se lève avec les chants d’oiseau. Bientôt le martin-pêcheur sera sur le fil, à l’est du manguier, et dans les palmiers d’autres oiseaux que je n’ai pas identifiés répètent la même mélodie. Peut-être qu’une perruche traversera mon champ de vision pour se poser dans le manguier, peut-être non.

C’est ce paysage que je vais quitter pour ce qu’on appelle une vue dégagée, c’est à dire presque plus de premier plan, des maisons un peu en contrebas, des palmiers aussi et la mer à l’horizon. Toujours le ciel et les nuages.

A Futuna, comme ailleurs, on amasse.

le débarras de ceux qui sont partis déjà, qu’ils n’ont pas eu le temps de jeter

la nourriture  en cas de cyclone ou d’absence prolongée du bateau,

des cartons pour les futurs colis ou déménagements

les coquillages ramassés dans l’enthousiasme des premiers mois

des papiers

du bois flotté,

et un raton laveur.

En arrivant à la nouvelle maison

La vue de la nouvelle maison : la nouvelle cantine des élèves tout en blanc, et au fond la mer

La maison va être entièrement repeinte : l'équipe de choc arrive

La maison va être entièrement repeinte : l’équipe de choc arrive

Sur la terrasse de la maison toute peinte en blanc, Niva et sa famille

Sur la terrasse de la maison toute peinte en blanc, Niva et sa famille

Un peu plus près.

Un peu plus près.

Au bout du chemin empierré, la maison

Au bout du chemin empierré, la maison

La maison, avant peinture

La maison, avant peinture, derrière, la forêt

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Bananes et tomates

Les bananes finissent de mûrir à l'intérieur pour éviter les prédateurs

Les bananes finissent de mûrir à l’intérieur pour éviter les prédateurs

 

Les tomates n'en finissent pas de mûrir.

Les tomates n’en finissent pas de mûrir.

Il y a  l’indigène et la papalagi. L’une pousse toute seule, un peu partout dans le jardin, l’autre a eu besoin de mille soins, et peut-être, peut-être sera-t-elle mangée un jour. Les photos sont toutes en désordre, elles m’échappent. A remettre en ordre, un jour.

Ma première tomate rougit !

Ma première tomate rougit !

Première tomate cueillie : difficile de la manger avant de l'imortaliser

Première tomate cueillie : difficile de la manger avant de l’immortaliser

Perruche verte et rouge, le bec dans les fleurs de bananier

Cela commence ainsi, un matin ou un soir
Cela commence ainsi, un matin ou un soir
Puis on voir apparaître des fleurs peut-être

Puis on voir apparaître des fleurs peut-être

Les mêmes de plus près

Les mêmes de plus près

Et puis et puis

Et puis

La tomate est encore toute floue

La tomate est encore toute floue

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